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FRAISE ET CERISE

Blog de brèves nouvelles plutôt humoristiques fraîchement écrites par deux auteurs : Fraise et Cerise.

Le fantôme dans l'escalier

Publié le 9 Décembre 2006 par Cerise in nouvelles

 

 

Mail envoyé en chaîne sur internet

 

 

            Bonjour, vous ne me connaissez pas, mais j’ai besoin de vous.

 

 

            Pourriez-vous s’il vous plaît vous rendre au numéro 97 de la rue des Glaïeuls, à Serzannet lès Dives, et emprunter l’escalier entre le 55ème et le 56ème étage ? Observez bien  la 2178ème marche à partir du rez-de-chaussée : elle est hantée.

L’occupation des lieux n’est pas facile à déceler. Aux yeux du profane n’apparaissent que 70 cm2 de carrelage antidérapant d’un beau vert pistache, généralement d’une propreté au dessus de tout soupçon : la concierge est très consciencieuse.

Alors, me direz-vous, comment savez-vous que cette marche est hantée ?

Eh bien, vous répondrai-je, c’est parce que je l’ai vu, moi qui ne suis pas profane. J’ai un entraînement spécial pour ça : il faut regarder de biais, sans chercher à voir, et alors, après bien des essais, bien des déceptions, à force de prière et de méditation, un jour, ou plutôt une nuit, on commence à discerner une vague aura verdâtre, on entend comme un souffle… Et attention, là, je vous parle de fantômes normaux, ceux qu’on rencontre dans les vieux châteaux, dans les maisons abandonnées après un crime, ou sur le bord des autoroutes… Ceux que j’ai fini, donc, par être capable d’entre apercevoir après un stage de six mois dans une  auberge de jeunesse située au fin fond des Carpathes.

Mais celui-là, me demanderez-vous, celui de la marche de 70 cm2 impeccablement entretenue, où le profane ne distingue que du carrelage antidérapant d’un beau vert pistache ? Comment l’avez-vous vu ? Et en quoi est-il anormal ? Eh bien, celui-là, je l’ai vu un peu par hasard. Vous vous imaginez bien que je ne passe pas mon temps à regarder de biais les marches que je gravis.

Il se trouve simplement que je me rendais chez ma sœur, qui demeure au 58ème étage du 97 rue des glaïeuls à Serzannet les Dives, que l’ascenseur était en panne, et que j’étais atteint depuis la veille d’un fort rhume qui me brouillait la vue. Ajoutez à cela la fatigue provoquée par l’ascension des 55 premiers étages et vous comprendrez mieux comment j’ai pu distinguer le fantôme : nul besoin de regarder de biais, et de ne pas m’y attendre. D’abord, je ne m’y attendais nullement, ensuite, j’avais comme un voile devant les yeux qui me tenait lieu, sans doute, de regard de côté.

Que vis-je alors ? Une sorte de reflet brillant évoquant vaguement une silhouette humaine qui gesticulait à quelques millimètres de mon pied droit. Et qu’entendis-je ? Un chuintement ressemblant aux mots « office » et « cueillette ».

Imaginez-vous le choc que je ressentis ?

Je me penchai le plus possible, jusqu’à entendre craquer mes vertèbres, afin de mieux voir, pensais-je, mais je ne vis plus rien que les petits carreaux du carrelage verdâtre, pas si propres que ça, finalement. En revanche, j’entendis mieux : il était plutôt question d’ « orifice » et de « mouillette ».

Bien sûr, ma sœur a d’abord cru que je blaguais. Comme j’insistais, elle a consenti à m’accompagner jusqu’à la 2178ème marche à partir du rez-de-chaussée, mais elle n’a rien entendu et m’a traité de fou. C’était exaspérant : je voyais à nouveau la forme humaine à nos pieds, je dus même pousser violemment ma sœur, la voyant sur le point de transpercer ce pauvre mini-fantôme de son talon. Comme elle ne cessait de parler ou de crier, comment eût-elle pu l’entendre, de toute façon ?

Les locataires du palier voisin ont témoigné avoir ouï une violente dispute où il était question de « mouillette » ou peut-être de « cueillette ».

J’ai tout expliqué au commissaire, mais lui non plus ne m’a pas cru.

S’il vous plaît, allez y et tâchez de voir le fantôme, si vous pouviez le capturer, ce serait encore mieux : ils m’ont enfermé, ils disent que je suis dangereux… Dangereux, moi, c’est un comble ! Renseignez vous sur moi et vous verrez que je suis la personne la plus douce qu’on puisse rencontrer. Je m’appelle Ernest Césaret, je suis orfèvre, j’habite au 31 de la rue des Pivoines à Serzannet lès Dives. Demandez à mes voisins si j’ étais dangereux ! Merci de rapporter au juge du Tribunal de Dives toute preuve de mon innocence, témoignages, photos, enregistrements, ou, mieux, le fantôme en personne (il tiendrait dans une grosse boîte d’allumettes).

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V
Bonjour je vais de ce pas l'attraper ce maudit fantome je te dit quoi !! a bientôt enfin j'espére
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C
enfin quelqu'un qui a compris que j'avais besoin d'aide. Tous les autres croient que je blague.Merci, Vinnce. j'espère que tu vas réussir!
C
De passage sur votre blog...je me permets de vous souhaiter un Joyeux réveillon de Noël...bisous
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L
Bonne année 2007 <br /> bonnes fêtes de fin d'année <br /> Bon Noël
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K
bonne fétes de fin d'années !!! bizzzzzzz   a+++++++<br />
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K
Les fraises er les cerises ne sont pas des fruits de saison : JE SUIS DESESPEREE BORDEL OU ËTES-VOUS ?
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