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FRAISE ET CERISE

Blog de brèves nouvelles plutôt humoristiques fraîchement écrites par deux auteurs : Fraise et Cerise.

Distance

Publié le 4 Janvier 2007 par Fraise in nouvelles

 
 

 Mardi début de soirée

Je suis invitée. Mélange improvisé et sympathique de champagne et de pizza. Je sais que je vais revoir B.. On s’était rencontrés chez des amis il y a longtemps et l’on s’était quittés à regret, comme reliés par une attirance et physique et culturelle. Je suis un peu tendue : les liens sont toujours là, manifestement. Il est beau. Il est marié. Ce sont des choses qui arrivent souvent à nos âges…

Mardi dans la nuit

C. me raccompagne à ma voiture. Pourquoi cette mine implorante pour me demander de le retrouver, demain, à Paris ? Je ne peux pas. Je l’ai clairement dit tout à l’heure. Petit visage d’enfant suppliant qui veut m’apitoyer. Où est l’homme ? Je monte dans ma voiture froide presque…soulagée. Cette insistance - tu ne l’as pas vu ? - m’a gênée…étrangement.

Jeudi matin.

Il m’invite à déjeuner. J’accepte, déjà partagée entre joie et retenue. J’arrive la première. Je l’attends avec quelques livres pour m’occuper et me rassurer. Il entre. Il est rompu à cet exercice et ne m’épargne rien : il boit dans mon verre de vin, il boit dans mes pensées… Serais-je si facile ?

Jeudi après-midi

Il m’envoie des messages aimables. J’y réponds, presque malgré moi. Je me laisse couvrir de sucre et de miel avec plaisir et facilité.

Mardi midi

Je l’ai invité. Le restaurant est meilleur et plus accueillant. Mais j’ai fait une erreur : nous sommes du côté des fumeurs. L’enfant gâté et coléreux surgit l’espace d’un instant suffisant pour saisir notre mésalliance. Déjà résonnent tes manques d’attention, tes questionnements inquiets sur ma discrétion, ma mesure, ma patience. Je t’ai perdu à ce visage précis entre tes petites peurs lâches et tes égoïstes élans narcissiques. Je ne pourrai pas t’aimer. Le mépris s’est déjà placé entre nous. Je peux te comprendre, mais je n’aime pas ce que je comprends de toi. J’aime les failles, mais pas les tiennes. J’ai déjà perdu le désir de les adoucir.

Mardi après-midi

Je ne réponds pas à tes messages sucrés. Je n’y répondrai plus.

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G
Encore un moment de plaisir.Merci.
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C
Ah un peu de morale tout de même !!!
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P
Beau conte d'hiver... Très bien analysé, vraiment !<br /> Bonne année à vous au fait ! 
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L
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G
Quelle agréable découverte que votre blog.Amicalement.
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