Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 15:34

 

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Le réveil sonne à peine quelques secondes. Déjà elle appuie sur le bouton pour rétablir le silence. Elle bascule sur sa gauche et dépose un baiser sur son épaule. Elle se lève en veillant à ne pas faire un courant d’air froid sous le drap et passe son grand gilet rose pâle du matin. Elle ne ferme pas entièrement la porte. Il peut distinguer des formes dans la chambre et il enfonce son visage dans l’oreiller. L’odeur du café arrive jusqu’à lui ainsi que les bruits assourdis des assiettes et des cuillères, des tasses sur leur soucoupe. Il garde les yeux fermés et se laisse entraîner ailleurs. Il se sent merveilleusement bien, même dans son corps vieux et trop lourd. Il échappe encore à la pesanteur et à la pensée précise ; il est à la lisière des rêves de la nuit. Quelle dame ? Oui, petite fille. Oui j’habite toujours au même endroit. Bien sûr tu peux venir me voir mais tu ne me connais pas. Des images viennent dans un brouillard chaud. Il aimerait que cet état dure. Il se berce en bougeant à peine ses épaules. Que la vie diurne ne se hâte pas de venir et de mettre tout et chacun dans ses petites cases. Elia, silencieuse s’approche, une tasse de thé citronné entre les mains. Elle la pose sur le chevet de son côté à lui et s’assoit contre son ventre. Il la serre contre lui, caresse son dos en respirant son odeur. Ô Elia, Elia, si nous vivions là, un peu encore, dans les marges du temps !

Par Fraise - Publié dans : nouvelles - Communauté : Les mots dans tous leurs états
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